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Le Progrès, quelle question ?

samedi 8 juillet 2017, par André-Jean

« Progressus », en latin, désigne la marche en avant, d’où, au figuré, le développement, l’accroissement des choses. C’est l’origine du mot « progrès ».
« En Marche », c’est donc progresser, quitte à bousculer ce qui apparaît comme des conservatismes ou des situations acquises. Ne faut-il pas pourtant s’interroger : « En Marche » vers où ?

Le progrès ne serait-il pas porteur en soi de valeur positive ? Dans son Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, Condorcet résume (de mémoire semble-t-il) la plus grande partie du savoir de son temps, contenue dans l’Encyclopédie de Diderot, et se projette dans un avenir qu’il imagine progressivement éclairé par la Raison, l’éducation, les connaissances, les découvertes scientifiques et techniques.

Il n’avait pas échappé pourtant aux observateurs des siècles précédents que la variété infinie des faits humains présente toujours les mêmes traits, les mêmes caractères et que les nations suivent une marche analogue déterminée par la Providence [1]. Mais s’agissant de sortir le progrès de la place que les théologiens du Moyen Âge avaient contribué à lui donner dans le déroulement de l’histoire sainte (et de son eschatologie apocalyptique), il fallait pouvoir rendre compte des directions multiples et discontinuités des évolutions observées. Leibniz apportera des éléments décisifs de réponse. Le calcul infinitésimal et celui des séries infinies convergentes fournissent des modèles mathématiques à ces conceptions [2].

Entrant en résonance avec la fantastique mobilisation des ressources fossiles et minérales qui a permis la diffusion de biens matériels aux populations européennes, l’idée de progrès s’est imposée très largement et elle a envahi également le champ historique comme celui du social. Entre la représentation dynamique de l’évolution et le matérialisme dialectique, un lien se noue. « Le but c’est le chemin » aurait écrit Goethe. La connaissance du chemin permet-elle pour autant d’entrevoir le but ? Le changement de vision sur le progrès, notamment avec l’approche que permet les apports de Leibniz, facilitent l’assimilation du progrès à des taux de croissance, au risque d’occulter leurs implications !

Sur cette voie, le progrès a pu être traité comme s’il était global et simple, univoque et linéaire. Réduite à un schéma grossier, l’idée de progrès a dérivé en une idéologie qui a connu son apogée en Europe, au XIXe siècle [3]. Aux États-Unis à la fin du XIXe siècle, le mouvement progressiste, à la fois politique et social, a changé la société américaine [4]. En France, sous la IVe République, à peu près toutes les forces politiques se réclament du progrès. Et sous la Ve République, la mise en cause d’un Progrès technique et scientifique linéaire et peut-être dévastateur pour la nature n’a cependant pas modifié l’image de soi d’une gauche française qui continue de se définir comme la réunion des "forces de progrès" [5]. Aujourd’hui, référence étymologique, le succès de « En Marche » ne s’appuie-t-il pas sur l’attente d’un progrès idéalisé en soi ?

L’Ouroboros se rencontre dans plusieurs cultures sur les divers continents. En Egypte, il y est notamment figuré sur une des chapelles dorées de Toutânkhamon. Il symboliserait notamment les répétitions cycliques des évènements temporels, les jours, les lunaisons, les années, les générations, etc. Symbole aussi de rajeunissement et de résurrection, on lui attribue parfois un rôle protecteur.
Cette périodicité est toujours la marque du temps durant l’antiquité grecque : Cronos en était le Dieu. Avec De Natura Rerum, Lucrèce, transcrivant la doctrine d’Épicure, détaille l’historicité de la nature. Ce faisant, il laisse entendre que celle de l’homme pourrait y être liée. Toutefois, le passage de la physique hellénique du « grand retour » à un développement linéaire a été l’œuvre des théologiens qui ne pouvaient pas soumettre l’histoire sainte à des recommencements périodiques. Ainsi est-il attribué à St-Augustin un rôle dans la constitution d’une philosophie de l’histoire centrée sur l’idée de progrès [6]. Sans doute fallait-il qu’un sens positif soit donné au temps pour que s’affirme la croyance au progrès, véritable escatologie [7] graduelle, comme l’écrit Louis Dumont [8].

Etrangère à l’Inde est restée l’idée d’un âge d’or situé dans l’avenir et peu à peu réalisé par l’effort de l’homme, conjugué aux effets du temps valorisé comme complice de sa volonté. A l’inverse, dans le système de références propre à la civilisation occidentale, l’idée de changement est chargée de significations tandis que celle de permanence en est dépouillée. Ainsi l’histoire, au-delà de la chronologie, devient aussi une chaine causale, un ensemble de changements significatifs. Abandonnant la croyance dogmatique des Écritures dans la Création et l’Apocalypse, la Renaissance et les Lumières charge le progrès d’une valeur positive qui recueille les aspects favorables de l’histoire du monde. La possibilité, en outre, d’une mesure instantanée (taux de croissance) permet de faire du progrès la finalité, du chemin le but.

Lourd est l’héritage, et accompagné de tant de nostalgie ! Et pourtant, son bilan apparaît de plus en plus incertain et il est indispensable d’en détailler l’inventaire. L’entreprise n’est pas nouvelle. Bien que toujours sur un mode mineur, le peigne de la critique s’étend à de nombreux domaines :

  • publié en 1855, La fin du monde par la science par le philosophe Eugène Huzar présente la première philosophie catastrophiste du progrès technologique [9] ;
  • les proportions données aux horreurs guerrières du XXe siècle interrogent le sens des déploiements technologiques [10] ;
  • le philosophe allemand Hans Jonas [11] condamne toute technologie qui comporte le risque — aussi improbable soit-il — de détruire l’humanité ou la valeur particulière en l’homme qui fait qu’il doit exister ;
  • après Jacques Ellul et Jean Baudrillard, Pierre-André Taguieff [12], critique plus profondément, la disparition d’un but assigné au progrès, qui n’aurait alors plus pour horizon que son propre déploiement ;
  • tandis que Hartmut Rosa [13] met en lumière les menaces liées à l’accélération sociale qui intègre trois dimensions : l’innovation technique, le changement social (principalement les deux institutions de production et de reproduction que sont le travail et la famille), et le « rythme de vie » ;
  • les économistes ne sont pas en reste, avec Richard Layard, économiste anglais, qui déclare qu’« On ne devrait pas compter comme progrès ce qui rend heureux aujourd’hui aux dépens de l’avenir » ;
  • ou bien avec Tim Jackson [14] qui appelle à une Prospérité sans croissance ;
  • et surtout Nicholas Georgescu-Roegen [15], rappelle que le deuxième principe de la thermodynamique s’impose à toute activité humaine et doit donc être intégré même par les théories économiques ;
  • Ronald Wright [16] s’appuie sur les travaux de nombres d’anthropologues, dont ceux de Jared Diamond, pour mettre au jour les failles d’un développement de sociétés hiérarchisées au sein desquelles une minorité surconsomme au mépris du plus grand nombre ;
  • Pierre Thuillier [17] interroge Pourquoi les Occidentaux n’avaient-ils pas vu venir la catastrophe ? Pourquoi avaient-ils méprisé les avertissements ? Etait-il donc fatal que le monde dit civilisé tombât dans une telle torpeur spirituelle à la fin du XXe siècle et finît par se donner la mort entre 1999 et 2002, lors de ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler la Grande Implosion ? ;
  • … et pour finir, la phrase prêtée à André Malraux : « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas » nous indique peut-être vers où chercher l’avenir du progrès si notre civilisation ne veut pas en abandonner l’héritage !

Les philosophes de la Renaissance et des Lumières nous ont fait perdre le début et la fin de l’histoire sainte. Mais, ils ont valorisé le chemin. Qui condamne la croissance disparait du débat public. C’est bien le sort réservé à The limits of Growth [18]. Et pourtant, chacun le sait bien « les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel », et les exponentielles (générés par la prolongation de taux de croissance constants) se heurtent toujours aux limites physiques :

  • La population nationale française a une croissance annuelle de + 0,6 %. Moins de 1 % de personnes en plus chaque année. Bien que paraissant faible, beaucoup d’observateurs saluent le dynamisme de la démographie française qui dépasse celle de la plupart des autres pays européens. Ils n’ont pas tord. Un tel taux de croissance, poursuivi durant un siècle conduirait à presque doubler la population de notre pays. Est-ce souhaitable ? Si un tel taux de croissance démographique s’était maintenu durant la totalité de l’ère chrétienne, l’humanité compterait plus de 39 milliards d’individus ! Aurait-ce simplement été compatible avec les limites de notre planète ?
  • La plupart des économistes multiplient les recommandations pour retrouver une croissance plus forte. Et à leur suite, les responsables politiques justifient une bonne partie de leurs décisions dans cet objectif, sensé recréer des emplois et permettre de financer les redistributions sociales et les investissements. Les Trente glorieuses en France ou en Europe sont évoquées avec nostalgie et la croissance économique chinoise avec envie. Et pourtant, la production de richesse par habitant de notre planète augmente bien plus aujourd’hui, même dans nos pays considérés comme alanguis, que durant les très longue périodes passées : 0,8% par an en moyenne depuis 1700 ; proche de 0 et certainement inférieur à 0,2% par an en moyenne entre l’an 0 et 1700. [19]
  • La croissance de la production de richesses, phénomène récent à l’échelle de l’histoire humaine, est fortement liée au déploiement des techniques qui ont facilité l’exploitation de ressources énergétiques de plus en plus denses et facile d’accès. L’énergie a soutenu la Révolution industrielle [20]. En trois siècles, l’humanité, au moins pour sa part la plus riche, est passée d’une collecte extrêmement laborieuse de ressources, dont l’essentiel sous forme alimentaire, à une production des débuts de l’or noir, où un investissement d’une tonne d’équivalent pétrole permettait d’en produire 100. Certes, il fallait encore déduire l’énergie pour raffiner ce pétrole brut et transporter les produits sur les lieux de leur consommation finale. Mais, aujourd’hui, les ratios se sont réduits autour de 30 pour les meilleurs — à l’exception de l’hydraulique, mais y compris, les combustibles fossiles dont on doit se passer à l’avenir pour contenir les changements climatiques — et sont plutôt autour de 10 pour les autres [21]. On ne peut manquer de constater une corrélation, notamment dans nos pays européens, entre la stagnation de la croissance économique depuis plusieurs décennies et celle de la disponibilité en énergie par habitant de ce continent.
  • Les progrès technologiques nous sauveront-ils ? Les thuriféraires abondent, de Rifkin au Consumer Electronics Show de Las Vegas. Mais dans ce domaine aussi, les critiques se font malheureusement de plus en plus précises et argumentées : l’économie du numérique consommerait déjà plus d’énergie que tout le transport mondial par poids lourds et, au rythme actuel, elle absorberait 50 % de la production d’électricité en 2030. La limitation de ressources rares laisse planer les incertitudes : 80 % de l’Indium produit est mobilisé dans l’industrie du numérique et les réserves sont estimées plus proches de 10 que de 100 ans. On est très loin d’une dématérialisation. C’est à partir de constats de cette nature que certains recommandent d’innover dans des low tech [22].

Une absence de croissance économique, ou si faible, un besoin accru d’investissements pour une population croissante, et pour éviter un chaos climatique, des dettes à rembourser, réduisent les richesses à consommer, le pouvoir d’achat moyen par habitant. C’est bien la situation que, dans un pays comme le notre, les gens vivent depuis de nombreuses années. Ils ont espéré qu’on pourrait aller chercher la croissance avec les dents, puis qu’elle reviendrait, et les emplois avec, avant 5 ans, et maintenant marchent pour diverses réformes. Mais, de plus en plus nombreux sont ceux qui constatent que, sans production accrue de richesses économiques, les gains de certains se paient par la précarisation et la relégation de beaucoup d’autres. La démocratie ne peut pas survivre — Ou bien quelle démocratie ? — à la divergence des espoirs personnels de ses membres ! Et l’on commence à écrire que Si la démocratie fait faillite [23] ce sont les politiques naturelles à base d’inégalité et de rapports de force qui s’imposeront de façon plus ou moins rapide ou insidieuse, accentuées qu’elles sont par les ébranlements de l’époque : le soupçon ou le cynisme, renforcés par Internet ; le racisme, nourri par le terrorisme ; l’ultralibéralisme, aggravé par la mondialisation [24].

Il est plus que temps de revisiter notre notion du Progrès. Si Prométhée est châtié, n’est-ce pas par notre démesure ? Cela ne dévalorise pas le courage, bien au contraire, il est plus que jamais nécessaire pour contenir cette démesure. Comment réinventer le sens du courage politique ? En quoi consiste-t-il au juste ? Questions d’autant plus cruciales qu’il s’agit à la fois d’éviter cette "catastrophe de la vertu" qui se nomme la Terreur et de restituer sa présence au peuple, aujourd’hui porté disparu. "Sans le courage, le peuple reste sans lieu." [25].
Les 17 objectifs mondiaux de développement durable que les Nations Unies se sont données en 2015 pour 2030 diversifient, qualifient et précisent les buts à atteindre [26]. Pour ceux qui, tout à la fois, croient que notre monde est à présent global et rejettent sa caricature financière, voilà de quoi détailler les progressions qu’il nous faudrait accomplir ici et maintenant. Sous l’angle de l’environnement, la tâche pourrait s’assimiler aussi à la promotion et la déclinaison, à notre échelle, de l’avant projet de Pacte mondial pour l’environnement [27] préparé à l’initiative du Président de notre Conseil constitutionnel.


[1Giambattista Vico - La Scienza nuova

[2Michel Serres - Le système de Leibniz et ses modèles mathématiques

[3Bernard Valade - Encyclopædia Universalis

[4Le mouvement progressiste américain serait né de la société civile dans un premier temps, des travailleurs sociaux, des journalistes qui dénoncent à la fois la corruption et les conditions des ouvriers et des immigrés, des associations de femmes qui jouèrent un rôle très actif. Les présidents Theodore Roosevelt (1901-1909), Woodrow Wilson (1913-1921) appartenaient par exemple mouvement progressiste américain. Progressisme

[6Bernard Valade - Encyclopædia Universalis

[7Eschatologie (du grec ‘eschatos’, « dernier » et ‘logos’ « parole », « étude ») est le discours sur la fin des temps

[8Louis Dumont, anthropologue français spécialiste de l’Inde. Sa réflexion porte également sur les sociétés occidentales en s’appuyant sur des analyses comparatives.

[9Jean-Baptiste Fressoz, L’Apocalypse joyeuse. Une histoire du risque technologique, Seuil, 2012, p. 17

[10La technicisation des sociétés modernes dans l’interprétation du national-socialisme ont fait l’objet d’analyses de Heiddeger reprises notamment par Hannah Arendt dans la Condition de l’homme moderne

[11Hans Jonas publie en 1979 Le Principe responsabilité

[12Pierre-André Taguieff, philosophe, politologue et historien des idées français, publie Résister au bougisme. Démocratie forte contre Mondialisation techno-marchande, Paris, Mille et une Nuits, « Essai », 2001

[13Hartmut Rosa, sociologue et philosophe allemand, Accélération — Une critique sociale du temps, La Découverte, coll. « Théorie critique », 2010

[14Tim Jackson, est un économiste britannique, professeur en développement durable à l’université de Surrey. Prospérité sans croissance : La transition vers une économie durable (« Prosperity Without Growth : Economics for a Finite Planet »), De Boeck, 2010

[15Nicholas Georgescu-Roegen, mathématicien et économiste hétérodoxe américain d’origine roumaine. Demain la décroissance. Entropie, écologie, économie. Lausanne, Pierre-Marcel Favre, 1979

[16Ronald Wright, est un historien et un écrivain canadien, La fin du Progrès ?, Naïve, 02/2006

[17Pierre Thuillier est un philosophe français, LA GRANDE IMPLOSION - Rapport sur l’effondrement de l’Occident 1999-2002, Fayard, 1995, « Pluriel », Hachette, 1996

[18Halte à la Croissance, mauvaise traduction française du titre anglais est un rapport commandé par le Club de Romme et présenté pour la première fois en 1972. Dennis Meadows, Scientifique américain, Professeur émérite des systèmes de management, et ses co-auteurs en a publié une version actualisée Limits to Growth : The 30-Year Update. En 2014, les travaux de chercheurs de l’Université de Melbourne confirmaient la validité des prédictions du rapport The limits of Growth.

[19Dans son livre devenu mondialement célèbre, Le capital au XXIe siècle, Thomas Piketty réserve son deuxième chapitre à La croissance : illusions et réalités. Il y évoque évidemment la croissance économique, c’est à dire celle de la richesse produite, grossièrement mesurée aujourd’hui avec le PIB, le produit intérieur brut.

[22L’ÂGE DES LOW TECH, Philippe Bihouix, Le Seuil, Mars 2014 : « Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l’impasse. »

[23Si la démocratie fait faillite, Raffaele Simone, Gallimard, novembre 2016. Après avoir évité le pire, œuvrer au meilleur !

[24LES MALADIES CHRONIQUE DE LA DÉMOCRATIE Frédéric Worms, Desclée de Brouwer, février 2017. Après avoir évité le pire, œuvrer au meilleur !

[25Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste française enseigne la philosophie politique et est également chercheur associé au Muséum national d’histoire naturelle, La Fin du courage : la reconquête d’une vertu démocratique, Paris, éd. Fayard, Le Livre de poche, 2011

Messages

  • Un très beau texte !
    Il fallait en effet regarder le concept de progrès dans un temps long en faisant appel à de grands auteurs.

    La phrase de Goethe ("le but est le chemin") laisse le futur trop "sous-déterminé" à un moment où le pire peut arriver avec le changement climatique et des migrations deux ordres de grandeurs supérieures aux migrations présentes .. elles-mêmes traitées de manière inéquitables qu’elles soient causées par la guerre ou la famine.

    Aussi, il était très souhaitable, comme le fait la conclusion, d’indiquer la vision cohérente d’un avenir équitable et durable proposé par les 17 objectifs des Nations Unies. Il y a un beau travail sur les critères derrière chacun de ces objectifs, une vraie mine pour "cheminer" vers de bonnes idées sur les sauts qualitatifs à faire ..
    Paul

  • Il y a quelques jours, en inaugurant la ligne LGV Bordeaux Paris, N Hulot rappelait cette phrase d’un chef Indien " Ca sert à quoi d’aller vite ?"
    Le frénesie des élus Rochelais qui affirment que quinze mn de plus ou de moins sur le trajet Paris LR sont cruciales me laisse perplexe
    J’entendais ce matin à la radio qu’ une majorité d’agriculteurs ne gagnait pas 350 €/mois et que beaucoup d’entr’eux se désespèrent et se suicident
    Le Progrès c’est quoi ?
    PP

  • à propos de progrès je pense que citer Jules Verne ne serait pas inutile.
    Trop de gens le considèrent comme un chantre du progrès.
    C’est méconnaître son œuvre. il a certes de l’enthousiasme voire de la fascination pour le progrès, il y participe en imaginant des techniques. Pour autant, Jules Verne a toujours ’détruit’ ses grandes inventions. Les grandes réalisations des hommes de progrès sombrent, se disloquent, disparaissent de manière catastrophique, la nature reste toujours plus puissante..
    Mais Jules Verne va plus loin, par exemple en 1905, il publie L’Éternel Adam, ce n’est plus le progrès qui est remis en cause c’est la civilisation. Les hommes (re) tombent dans la barbarie en perdant ce que leur culture occidentale leur a inculquée. La civilisation aussi est mortelle.

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